On m'avait prévenu, tu vas voir chez Massa c'est splendide, en fait, il faut bien l'avouer, c'est encore en dessous de la vérité. On est arrivé tous les trois, Emeric, Thierry et moi la veille, afin d'être opérationnels dès le lendemain matin et le soir Ingrid Massa m'a fait faire le tour des écuries. Je pensais à tort que la culture du bijoux dans l'écrin était l'apanage du cheval arabe. Ici tout est magnifique dans les moindres détails, les écuries, le manège (on se croirait à Vienne) et bien sur les chevaux ! Mais ça je le savais avant de venir...

IMG_0100.jpg (photo de la fine équipe)

9h15 Le premier jour, Grande effervescence dans l'écurie où s'agitent 6 jeunes filles qui préparent les stars à photographier au milieu d'un véritable chenil , avec par ordre croissant de taille, un jack russel (comme partout), 2 teckels, 1 colley, 2 cockers américains et surtout césar, l'ami d'Emeric. Je redoutais un peu la rencontre car J'avais eu droit pendant toute la durée du trajet en tgv (juste 4heure) à la description du film d'horreur au scénario invariable: le gigantesque dogue allemand des enfers qui attend placidement son humain du jour à dévorer couché au milieu de la cour qu'ils nous faut traverser! Le paquet de gâteau en guise de monnaie d'échange ne fut pas nécessaire, la bête est aussi impressionnante qu'adorable.

La propriété est immense, et il y a pleins de sites différents pour faire des photos qui ne se ressemblent pas. Le groupe se met en marche, le fier Thierry en tête appareils photos à la main, humant l'air et le cadrage propice, suivi d'Emeric portant l'escabeau en sherpa digne et mal réveillé et je ferme la marche, carnet de croquis à la main ne croyant pas à tout ce que je vois. On se dirige d'abord près du lac artificiel pour y photographier Vaïdoso, un beau bai de 5 ans. Le but , rester sur la presqu'île, ne pas tomber dans l'eau, lui faire sortir la tête des roseaux, capter le soleil... tout une astuce de composition. Pendant ce temps Ingrid court sportivement avec les chiens autour du lac pour rendre l'animal plus attentif. Opération réussi, l'oreille se pointe, le naseau se dilate et l'oeil roule. On apprécie particulièrement la seconde photo du même cheval monté près .....des vignes. Le raisin est excellent, il parait que les sangliers sont du même avis, j'espère ne pas croiser un marcassin ivre suivi de sa mère mal luné, je regarde la meute à cet instant précis, mais pas de César... juste le jack, bon on va peut-être pas trop s'attarder...

tetes.jpg Après Maestro en liberté dans la carrière poursuivi par la meute canine, viens ensuite Quazar et le petit cours de botanique. Il va être photographié près du cognassier, Emeric se cultive et découvre ce qu'est un coing, c'est jaune mais ce n'est ni une golden ni une poire, ce n'est pas comestible comme ça, il faut en faire de la confiture ou de la pâte!. Pendant ce temps Quazar s'emploie à détruire l'arbre en le traversant régulièrement mais l'effet esthétique des coings jaune vif semés sur toute la pelouse à l'air de réjouir Thierry qui en bon picard connaît ce fruit.

Après le déjeuner le rythme reste tonique, Ufano en liberté, Ostil monté et Rietto dans une "ambiance lac", c'est à dire en liberté dans l'eau Brainstorming de toute l'équipe, où risque de se diriger le cheval une fois lâché dans l'eau? On encercle le lac pour pouvoir le rattraper. Mais bien sur, il y a toujours une brèche et il se sauve! Sylvain Massa file en jeep et l'équipe se disperse comme une volée de moineaux à sa poursuite. On a perdu Rietto mais on le récupère rapidement, nettement plus sage après son escapade.

(croquis de Santurion)santurion.jpg

2ième jour 9h35 Grande toilette de fond chez les 1 an , Sol, Séducteur, Santurion, Smart et Swing. On se croirait chez Alexandre coiffure avec pour challenge des pions sur des crinières en brosse. Le résultat est à la hauteur des espoirs et les poulains sont lâché un par un dans la carrière. Pour remercier l'auditoire l'un d'entre eux prouve que le lusitanien n'est pas qu'un cheval de dressage et saute hors de la carrière , sans dommage heureusement.

L'après midi nous allons au Mas Liautaud Balarin où se trouvent les juments. Le but de notre intrépide Thierry, une photo du troupeau qui arrive vers lui avec en bonus l'option soleil. Le problème c'est que le ciel est plombé, on attend l'éclaircie pour que les rabatteurs lancent le troupeau vers nous, incantations diverses selon le style de chacun, on se croirait dans Tintin et le temple du soleil. Allez on le lance, dommage pour le soleil à 1mn près, une fois que le troupeau est passé sous notre nez, mais bon on ne peux pas gagner à chaque fois. On admire ensuite Riviera, une splendide 2 ans qui vole plus qu'elle ne trotte et puis on fini par une photo de famille avec dans le rôle de la maman La jolie, encadrée par ses 2 filles, Quarioca et Pépite.

Le soir nos hôtes nous montrent des films de leurs champions en dégustant leur vin produit sur leurs terres. Eh oui, Emeric et Thierry m'avait prévenu, puisque tu aimes les lusitaniens et le dressage tu vas être folle là bas. J'ai bien pensé à demander l'adoption mais je n'ai pas osé. On s'est envoyé des sms avec Thierry le lendemain de notre retour du style, pas trop difficile le retour dans la vie sous le ciel pluvieux de picardie?

publié dans le calendrier de Cheval pratique décembre 2007