Marine Oussedik

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dimanche 11 mai 2014

Exposition au Musée Serge Ramond

Il y a des lieux uniques près desquels nous passons, et parfois dans la complète ignorance de leurs existences ...
J'ai découvert le Musée de la Mémoire des Murs, de son vrai nom Musée serge Ramond, il y a quelques mois, lors d'une proposition d'exposition de leur part. Dès ma première visite, j'ai été enchantée par la magie de ce lieu unique.

Né de la passion d'un seul homme, situé à Verneuil-en-Halatte, (dans l'Oise non loin de Creil et de Chantilly) ce Musée communale nous fait entrer dans le monde méconnu et émouvant du graffiti historique.

Né de la passion d'un seul homme, situé à Verneuil-en-Halatte, (dans l'Oise non loin de Creil et de Chantilly) ce Musée communale nous fait entrer dans le monde méconnu et émouvant du graffiti historique.

Pendant plus de 40 ans, Serge Ramond a sillonné la France (puis le monde), des églises aux cachots, des caves aux bateaux... pour collecter des traces gravées (sur pierre ou bois) du passage des hommes.

Lors de la découverte de chaque graffiti s'ensuivait une prise d'empreinte effectuée avec de la plastiline, destinée à la fabrication d'un moulage en plâtre, patiné ensuite comme de la pierre. On retrouve dans ce Musée plus de 10 000 ans de graffiti historiques.

Premier Musée européen de ce type, cet endroit magique nous fait découvrir avec émotion des fragments de vies, dessins ou écrits gravés, qui nous racontent des histoires de la Préhistoire au XXe siècle.

Bijou du patrimoine culturel, ce Musée est à découvrir absolument.

Mon exposition "Cheval en tête" aura lieu du 23 mai au 29 juin 2014 dans la galerie du Musée. Une trentaine d'œuvres (encres et dessins) seront présentées.
le-fauconblog.jpg

Le Musée est ouvert tous les jours, sauf les mardis et jours fériés, de 14h à 18h.

Place de Piegaro

60550 Verneuil-en-Halatte

03 44 24 54 81

www.memoiredesmurs.com

dimanche 1 juin 2008

Cuts 2008

J'avais un peu d'appréhension à l'approche du concours de Cuts où je devais exposer au vu des prévisions météo... De plus je me souvenais de l'année dernière où la pelouse était ponctuée de générations spontanées de parapluies. Mais là, coup de chance, l'accalmie n'a duré qu'un jour mais le bon et les vrais animaux à l'honneur furent les chevaux et non les batraciens coassant sous la pluie. La foule était donc au rendez-vous et les meneurs purent ainsi sortir leurs plus beaux atours au lieu des barbours de l'année passée. Il y avait au total une soixantaine de participants venus de différents horizons. Douze nations étaient représentées: Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Suisse. La journée était rythmée à 9h par la présentation des voitures devant les juges au pied du château, puis suivi par un routier de 15km à travers la campagne. Après l'incontournable et conviviale pause-déjeuner, les festivités reprenaient à 14h pour la maniabilité, épreuve où les équipages cheminent entre des cônes surmontés d'une balle tout en évitant de les faire tomber, et le passage était ma foi bien étroit... Mon stand avait une vue imprenable sur le spectacle offert et ce fût une succession de chevaux de différentes races attelés à un panel de voitures magnifiques menées par des élégants en habits chatoyants, bref un vrai plaisir des yeux! Beaucoup de Dog Cart, de Phaëton de différentes sortes: Park, Basket, Spider, Show..., de Break et enfin, les plus imposantes, les Park Drag et les Coaches. Ce fut le numéro 50, un attelage Espagnol mené par Isidro SANCHEZ BARRIOS (que hélas je n'ai pas en photo) qui se distingua particulièrement en gagnant plusieurs prix. Voici par contre la photo de l'autre attelage Espagnol, harnaché traditionnellement, c'est à dire à la calasera, les chevaux disparaissant sous une multitude de petits pompons multicolores. cuts_2008_009.jpg cuts_2008_008.jpg Voici quelques autres photos, de mon stand, et de différents attelages.. 25052008200.jpg cuts_2008_025.jpg Il y a de beaux frisons cuts_2008_011.jpg Une vue imprenable sur le passage étroit des cônes cuts_2008_032.jpg et une idée (en partie) de la remise des prix, où tous les attelages viennent défiler cuts_2008_014.jpg

Un événement beau et surprenant, au milieu de nulle part, très bien organisé et dans un cadre magnifique. Je pense savoir où je serai l'année prochaine à la même époque.... Au milieu de mes tableaux et bronzes qui prendront l'air sous les tentes du village de Cuts.

PS: Je remercie Richard pour les photos, car en bonne linotte j'avais oublié mon appareil! Marine.

jeudi 22 mai 2008

leçon n°2

Après la leçon n°1, on s'attaque cette fois à l'oreille et l'oeil. L'oreille Comme lors de la première leçon, schématise la tête en deux volumes simples. 1-"Plante" l'oreille (trace une simple ellipse) en haut de la tête, à peu près au niveau où les deux formes se rejoignent. 2- L'angle que forme l'oreille avec la tête doit être légèrement supérieur à 90°. 3- Affine la forme en la faisant rebiquer vers l'extérieur en haut et en bas(comme une goutte). Marque d'un trait l'épaisseur de l'oreille. 1-1.jpg 4- Trace l'attache de l'oreille à la tête avant de poursuivre. 5- Ajoute les valeurs (comme pour le naseau- leçon n°1). Fais un dégradé du gris du plus foncé au plus clair pour donner de la profondeur. 2.jpg L'oeil C'est l'oeil qui donne de l'expression à ton cheval. Place sa partie supérieure à peu près à la moitié de la forme ronde et à environ un tiers de la tête. 6-Avant de le placer définitivement sur la tête du cheval, tu dois t'entraîner. Comme en mathématiques, dessine un angle. Arrondis les traits, précise la forme puis commence à tracer l'épaisseur de la paupière et de la salière. 3.jpg 7-Pour donner à l'oeil un aspect luisant, imagine que tu disposes de trois billes: une grosse: l'oeil (gris clair); une moyenne, d'une forme un peu plus allongée: la pupille (gris foncé); une petite, toute ronde, transparente, qui donne la lumière, la vie, le brillant à l'oeil de ton cheval. 8- quand tu te sens prêt, dessine l'oeil sur la tête. 9- Dessine le creux de la salière et le trait de l'apophyse zygomatique. Si tu ne te souviens plus de son emplacement c'est l'occasion de réviser ton hippologie... 10- Ajoute le toupet et l'autre oreille. Puis mets les valeurs en laissant plus claire la partie située entre le creux de la salière et la salière, afin de donner du relief à la tête. 4.jpg La prochaine fois on assemble les deux parties de la tête, alors entraîne-toi!

dimanche 23 mars 2008

Quelques jours chez les Massa

On m'avait prévenu, tu vas voir chez Massa c'est splendide, en fait, il faut bien l'avouer, c'est encore en dessous de la vérité. On est arrivé tous les trois, Emeric, Thierry et moi la veille, afin d'être opérationnels dès le lendemain matin et le soir Ingrid Massa m'a fait faire le tour des écuries. Je pensais à tort que la culture du bijoux dans l'écrin était l'apanage du cheval arabe. Ici tout est magnifique dans les moindres détails, les écuries, le manège (on se croirait à Vienne) et bien sur les chevaux ! Mais ça je le savais avant de venir...

IMG_0100.jpg (photo de la fine équipe)

9h15 Le premier jour, Grande effervescence dans l'écurie où s'agitent 6 jeunes filles qui préparent les stars à photographier au milieu d'un véritable chenil , avec par ordre croissant de taille, un jack russel (comme partout), 2 teckels, 1 colley, 2 cockers américains et surtout césar, l'ami d'Emeric. Je redoutais un peu la rencontre car J'avais eu droit pendant toute la durée du trajet en tgv (juste 4heure) à la description du film d'horreur au scénario invariable: le gigantesque dogue allemand des enfers qui attend placidement son humain du jour à dévorer couché au milieu de la cour qu'ils nous faut traverser! Le paquet de gâteau en guise de monnaie d'échange ne fut pas nécessaire, la bête est aussi impressionnante qu'adorable.

La propriété est immense, et il y a pleins de sites différents pour faire des photos qui ne se ressemblent pas. Le groupe se met en marche, le fier Thierry en tête appareils photos à la main, humant l'air et le cadrage propice, suivi d'Emeric portant l'escabeau en sherpa digne et mal réveillé et je ferme la marche, carnet de croquis à la main ne croyant pas à tout ce que je vois. On se dirige d'abord près du lac artificiel pour y photographier Vaïdoso, un beau bai de 5 ans. Le but , rester sur la presqu'île, ne pas tomber dans l'eau, lui faire sortir la tête des roseaux, capter le soleil... tout une astuce de composition. Pendant ce temps Ingrid court sportivement avec les chiens autour du lac pour rendre l'animal plus attentif. Opération réussi, l'oreille se pointe, le naseau se dilate et l'oeil roule. On apprécie particulièrement la seconde photo du même cheval monté près .....des vignes. Le raisin est excellent, il parait que les sangliers sont du même avis, j'espère ne pas croiser un marcassin ivre suivi de sa mère mal luné, je regarde la meute à cet instant précis, mais pas de César... juste le jack, bon on va peut-être pas trop s'attarder...

tetes.jpg Après Maestro en liberté dans la carrière poursuivi par la meute canine, viens ensuite Quazar et le petit cours de botanique. Il va être photographié près du cognassier, Emeric se cultive et découvre ce qu'est un coing, c'est jaune mais ce n'est ni une golden ni une poire, ce n'est pas comestible comme ça, il faut en faire de la confiture ou de la pâte!. Pendant ce temps Quazar s'emploie à détruire l'arbre en le traversant régulièrement mais l'effet esthétique des coings jaune vif semés sur toute la pelouse à l'air de réjouir Thierry qui en bon picard connaît ce fruit.

Après le déjeuner le rythme reste tonique, Ufano en liberté, Ostil monté et Rietto dans une "ambiance lac", c'est à dire en liberté dans l'eau Brainstorming de toute l'équipe, où risque de se diriger le cheval une fois lâché dans l'eau? On encercle le lac pour pouvoir le rattraper. Mais bien sur, il y a toujours une brèche et il se sauve! Sylvain Massa file en jeep et l'équipe se disperse comme une volée de moineaux à sa poursuite. On a perdu Rietto mais on le récupère rapidement, nettement plus sage après son escapade.

(croquis de Santurion)santurion.jpg

2ième jour 9h35 Grande toilette de fond chez les 1 an , Sol, Séducteur, Santurion, Smart et Swing. On se croirait chez Alexandre coiffure avec pour challenge des pions sur des crinières en brosse. Le résultat est à la hauteur des espoirs et les poulains sont lâché un par un dans la carrière. Pour remercier l'auditoire l'un d'entre eux prouve que le lusitanien n'est pas qu'un cheval de dressage et saute hors de la carrière , sans dommage heureusement.

L'après midi nous allons au Mas Liautaud Balarin où se trouvent les juments. Le but de notre intrépide Thierry, une photo du troupeau qui arrive vers lui avec en bonus l'option soleil. Le problème c'est que le ciel est plombé, on attend l'éclaircie pour que les rabatteurs lancent le troupeau vers nous, incantations diverses selon le style de chacun, on se croirait dans Tintin et le temple du soleil. Allez on le lance, dommage pour le soleil à 1mn près, une fois que le troupeau est passé sous notre nez, mais bon on ne peux pas gagner à chaque fois. On admire ensuite Riviera, une splendide 2 ans qui vole plus qu'elle ne trotte et puis on fini par une photo de famille avec dans le rôle de la maman La jolie, encadrée par ses 2 filles, Quarioca et Pépite.

Le soir nos hôtes nous montrent des films de leurs champions en dégustant leur vin produit sur leurs terres. Eh oui, Emeric et Thierry m'avait prévenu, puisque tu aimes les lusitaniens et le dressage tu vas être folle là bas. J'ai bien pensé à demander l'adoption mais je n'ai pas osé. On s'est envoyé des sms avec Thierry le lendemain de notre retour du style, pas trop difficile le retour dans la vie sous le ciel pluvieux de picardie?

publié dans le calendrier de Cheval pratique décembre 2007

Apprends à dessiner- Leçon n°1

Le cheval est un des animaux les plus difficile à dessiner. Pour cette première leçon, nous allons commencer par la tête et plus précisément par le nez. A tes crayons.

1-Schématise la tête en 2 volumes simples: l'un allongé pour la partie principale, l'autre rond pour la joue.

2-Divise cette forme en 2 zones de difficultés, zone 1: l'oeil et l'oreille, zone 2: le naseau et la bouche.

3-Divise la forme du bas en 3 parties égales et place la bouche à peu près au tiers.

page1-1.jpg

4-Place le menton (le rond) et le naseau (il a un peu une forme de goutte).

5-Dessine la bouche du cheval en lui mettant des lèvres, tout comme si tu dessinais une personne.

6-Trace un second trait parallèle à la forme supérieur du naseau, puis 2 autres de chaque côté de la bouche pour marquer les lèvres.

page2.jpg

7-Pour donner de la profondeur au naseau, noircis le haut et estompe petit à petit en faisant un gris de plus en plus clair.

8-Pour donner du relief laisse l'espace entre le naseau et et le trait plus clair, ainsi que celui entre la bouche et le trait des lèvres.

9-Ajoute des ombres en procédant comme sur l'exemple de la pomme en choisissant la technique que tu préfères.

page3.jpg

Les valeurs C'est ce qui donne du relief à un dessin grâce aux travail sur les ombres et les différents niveaux de gris (du clair au foncé). Entraîne-toi d'abord en dessinant une pomme. C'est une forme simple et ronde. Ton but est de lui donner du volume, c'est à dire d'avoir l'impression qu'elle "tourne" sur ton papier. Tu peux donner du relief avec des hachures. Mais pour cela, il ne faut pas remplir le dessin comme tu le fais sur des cartes à l'école. Il faut leur donner un mouvement tournant. Ensuite fonce certaines hachures pour donner le relief. Tu peux aussi quadriller ton dessin, mais comme pour les hachures, il faut le petit mouvement tournant. Pour foncer certaines zones il te suffit de resserrer le quadrillage.

Tu peux aussi choisir des nuances plus douces en estompant. Il faut au moins 3 valeurs: 1 gris moyen qui sera ton gris de référence, 1 gris plus foncé qui sera l'ombre (que tu obtiens en appuyant plus ou moins sur ton crayon). et 1 zone de lumière où tu laisses le blanc du papier apparent. Ensuite tu frottes très doucement avec une gomme (ou un bout de mouchoir ou de coton) que tu passes en petits mouvements tournants (sans appuyer) ce qui donne un effet "soyeux" à ton dessin.

pomme-1.jpg Voilà, la suite de la leçon (le haut de la tête) sera pour dans 15 jours, en attendant entraînes-toi.

Article parut dans Cheval junior n°7 (février 2006)

samedi 22 mars 2008

Salomon de la Broue (vers 1530- vers 1610) -L'Humaniste

Salomon de la broue d’abord page du comte d’Aubijoux, puis écuyer du duc d’Epernon devient écuyer ordinaire de la Grande Ecurie du Roi (sous Henri III). Il fut, tout comme Pluvinel, l’élève de Pignatelli, et c’est à ce gentilhomme gascon que l’on doit le premier traité d’équitation en français : « Des préceptes du Cavalerice françois », qui paru à La Rochelle en 1593. Ce livre, composé de trois partie, est extrêmement complet et il atteste d’une grande psychologie et d’observation, outre le talent, du sieur de la Broue. Ce dernier introduit le terme italien de « cavalerice » pour désigner l’homme de l’art et le différencier de l’homme de guerre qui est l’écuyer. -La douceur En cette époque de Renaissance, La Broue semble très proche de la philosophie humaniste de Montaigne(1533-1592) qui disait que "l'art de vivre" doit se fonder sur une sagesse prudente, inspirée par le bon sens et la tolérance. Lorsqu’il traite du dressage du jeune cheval (toujours pour la guerre), il ne fait allusion qu’à la douceur et la patience. Tout comme un éthologue, il explique parfois leurs angoisses par leurs comportements naturels en libertés. « Quelquefois au lieu d’aller en avant, selon l’action et le vouloir du Chevalier, ne s’arrêtent ou reculent, ou ne fasse quelque autre sottise. La première cause de cette désobeisance procède de l’habitude qu’ils ont pris dès leurs naissance à suivre leurs mères et d’être en liberté dans les haras, et ordinairement en compagnie de plusieurs juments et poulains.. » Rappelant au, passage que pour le jeune cheval, il s’agit d’une « liberté perdue ». Aussi préconise t-il très souvent l’usage d’un « leader » déjà bien dressé et fort calme, ainsi que l’aide de la nourriture. Il ponctue son livre d’anecdotes, expliquant comment il vient à bout de certains vices ou phobies. Si un cheval a une peur atroce des drapeaux et du tambour, si bien qu’il se jette partout, La Broue installe alors des drapeaux dans toute l’écurie, et dans la mangeoire et il finit par remplacer les baguettes par des carottes jusqu’à ce que le cheval aille de lui-même vers l’ancien objet de sa crainte. Un autre animal a peur des armes, il fait faire une statue de toile, pleine de foin, semblable à la forme d’un homme avec une friandise à la pointe de l’épée. Salomon de la Broue, tout en faisant preuve d’ingéniosité, prend son temps dès qu’un cheval le nécessite, usant toujours de patience, il ne veut pas dégoûter les chevaux qu’il trouve si souvent gâchés dans leurs jeunes âges, « afin de conserver, tant qu’il sera possible, le courage naturel et l’allégresse, qui est l’une des notables considérations de cest art ». Une grande partie du dressage du cheval se trouve « en campagne », c’est à dire d’extérieur, avec des sauts de fossés, des participations aux chasses, afin de mieux connaître son cheval au milieu des autres, et aux jeux de bagues. ( jeu d’adresse où l’on utilise une lance) Lorsqu’il explique l’exécution de mouvements ou de sauts d’école, il consacre à leur suite différent chapitre de défenses que peut rencontrer le cavalier, ainsi que leurs solutions .

Salomon insiste sur le fait, que pour être un bon et beau « cavalerice » il faut donner cette impression de facilité et d’aisance « Car une chose doit être estimée qu’en tant qu’elle est faite gaiement et avec facilité », tout en respectant les capacités et l’intégrité physique du cheval. Le « cavalerice » chausse très long, dans la selle à piquer, le talon plus bas que la pointe du pied, cuisses collées au cheval, main de bride à hauteur du coude, la gaule haute dans la main droite, les épaules en arrière, la tête droite. Lorsqu’un cheval pose des problèmes, il s’interroge sur ce dernier, soucis de vue ou douleur physique « mal de reins ou de hanches, une courbe et mesmes des eparvins », pensant avec raison qu’une mauvaise volonté peut naître de souffrances ou de malformations, insistant sur le fait qu’il « serait trop grande erreur de vouloir contraindre la nature à plus qu’elle ne peut » -La bouche du cheval Lors du dressage des jeunes chevaux, il utilise d’abord le caveçon, puis l’association du caveçon et du mors de bride, pour ne finir qu’avec ce dernier. « les cordes du caveçon et les rênes étant ordinairement tenues assez longues et hautes, allégé rissent la bouche et relève la tête du cheval…les cordes et rênes étant tenues assez basses et serrées, elle ramèneront et assureront les têtes et bouches qui seront trop vagues…et la médiocrité de ces deux postures de bras et de main et de ces deux mesures de cordes et de rênes, pourra allégérir et assurer ensemble les têtes et les bouches communes. » Pour Salomon, la légereté est associé à la fixité, contrairement à beaucoup d’autres qui imagine que l’appui à pleine main assure la fermeté de la tête. Il n’utilise pas la bride pour contraindre le cheval au ramener, l’attitude recherchée sera obtenu par les bonnes leçons qui allégeront le cheval. Il préconise d’ailleurs l’usage de mors doux et simple. Il avait remarqué que son maître Pignatelli, dressait tous ses chevaux avec la même embouchure, la plus simple soit-elle, et cela avec plus de résultat que les autres écuyers. Cela impliquant bien qu’il réussissait par sa science et non pas par l’artifice. « Si telles choses étaient faisables nous dresserions les chevaux et les hommes avec beaucoup moins de temps et de peine, sans partir de la boutique de l’éperonnier, en ordonnant des mors qui eussent cette propriété miraculeuse, d’apprendre en un instant à l’homme et au cheval, ce qu’il n’aurait encore sue et même ce qui serait hors de leur capacité naturelle » Souvent il est amené à « réparer » les bouches de certains chevaux, c’est pour cela qu’il préfère l’usage d’un mors doux à petite liberté de langue afin de ne pas les offenser.

-Le ramener Salomon utilise les « parers », c’est à dire les arrêts sur les hanches, pour alléger le cheval. Lorsque le cheval est capable de tourner aux deux mains, avec souplesse, il utilise cet exercice en formant « la vraie et nécessaire courbure de l’arc du col », fréquemment et sans violence, les faisant reculer de quelques pas après les parers, le reculer est alors proportionnels à l’appui et l’obéissance du cheval. Plus il « s’allégerit de devant et soutien sa tête de soi », plus l’exercice sera bref. -La décomposition du mouvement Le cheval doit être en équilibre lors de sa mise en main et cela avant la mise en mouvement, aussi, lors des exercices, il recommande de ne pas finir un mouvement mal commencé. C’est ainsi qu’il introduit les voltes carrés. Le cavalier faisant au départ exécuter à son cheval des voltes carrées par morceaux avant de les exécuter complètes, les rétrécissant par la suite pour arriver jusqu'à la volte ronde. Il s’agit alors « de la décomposition de la force et du mouvement », que l’on retrouve chez Baucher dans sa deuxième manière. La Broue illustre ainsi toute une partie de son livre de graphiques géométriques, si précis, qu'ils aident à la compréhension du mouvement. (voir dessin)

Cette ouvrage est très instructif. Il nous permet de constater que le fondement de notre équitation s’y trouve. Il laisse entrevoir, le « calme, en avant et droit » du général L’Hotte, l’emploi du reculer, qui sera précisé par La Guérinière, et la « décomposition de la force et du mouvement », de Baucher deuxième manière. De plus, La Broue apparaît comme un véritable homme de cheval, respectant l’intégrité physique et morale de ce dernier. Préconisant la douceur et le calme, considérant chaque animal comme un cas différent. Un livre à lire ou relire, sachant toutefois qu’il est écrit en « vieux françois », et que malgré un agréable format d’origine respecté par les éditions Manucus, cela nécessite patience et courage pour le lecteur.

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Dessin d'une "selle moderne" représentée et conseillée par Salomon de La Broue.

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Dessin d'un mors simple qu'il préconise pour le dressage du cheval.

Remerciements à Patrice Franchet d'Espèrey, Ecuyer du Cadre Noir, docteur en science de l'éducation et responsable du centre de documentation de l'Ecole Nationale d'Equitation. Article parut avril 2004. Cheval pratique n°169